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Adélaïde

Elle s’appelait Mademoiselle Marie Adélaïde Lenormand et elle fut une des grandes voyantes de l’histoire.

Née en 1772, à Alençon, elle entra enfant encore, à l’Abbaye Royale des Dames Bénédictines ; et à l’âge de sept ans, les sœurs remarquèrent son talent divinatoire. Elle annonça d’ailleurs le nom de celle qui allait succéder à la mère abbesse du couvent.

Consciente de son talent, et surtout de son charme, elle monta à Paris se mettre sous la protection d’un riche aristocrate, mais en 1793 la terreur vint à guillotiner celui-ci. Notre voyante s’installa alors, et commença ses activités officielles dans cet art .Parmi ces habitués il y eut assez tôt, Joséphine (oui, la comtesse de Beauharnais) qui devint très vite une habituée des lieux. Cultivée et très douée Mademoiselle apprit vite les techniques de la divination, les lignes de la main, et le marc de café. Le Tout-Paris se précipitait consulter ses oracles. Elle eut des amants (nombreux) et des relations privilégiées avec, Talleyrand, Fouché aussi, avec lequel, dit-on, elle avait des relations particulières au sujet de secrets de police.

Il semble qu’elle fit cette prédiction à Napoléon qui la confia à Fouché : “Elle m’a fait le dessin de cette île sur la boiserie d’un appartement qui doit encore exister à Paris, rue de Tournon; elle m’a décrit Longwood et montré Hudson Lowe… Je savais tout cela étant encore au faîte de la puissance, mais je n’y attachai nullement foi.” Troublant.

Malgré ses hautes protections elle connut la prison, fut accusée d’avoir prédit une conspiration et, après la restauration, libre, elle parcourut l’Europe : Vienne, Genève, Saint-Saint-Pétersbourg, et Venise. Elle s’éteignit dans son cabinet situé dans sa maison parisienne rue de Tournon qui avait vu tous ces grands personnages la consulter, maison qui, pour l’anecdote, vit mourir en 1888, Charles Cros le poète, et inventeur du phonographe.

JacquelineAdélaïde
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