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Issur

Issur Danielovitch Demsky s’est éteint le 5 février. Ça n’était plus un jeune homme, il avait cent trois ans. Seul garçon d’une famille pauvre qui comptait sept enfants, sa mère et surtout son père, chiffonnier illettré, mais aimant, l’ont amené à s’engager sans faille auprès des déshérités et des causes plus ou moins perdues.

Kirk Douglas, car c’est pour lui ce billet, va hériter de cette vie difficile une hargne énorme qui l’amènera à réussir des études supérieures à l’université, ce qui, aux Etats-Unis est une difficulté incalculable pour un étudiant venu d’un milieu très pauvre.

Cela montre l’homme. Mais ce qui nous intéresse ici c’est l’acteur de légende, l’homme à la célèbre fossette au menton, celui qui fut cow-boy, militaire, gangster, journaliste, aventurier ; tant et tant d’autres rôles, et bien sûr Spartacus.

C’était le dernier, le dernier des géants d’Hollywood, contemporain de John Wayne, Burt Lancaster, Gregory Peck, Robert Mitchum, Glenn Ford, tous ces immenses acteurs à forte personnalité et présence, qui ont fait en sorte que les plus âgés d’entre nous (et aussi les plus jeunes ayant le goût de l’imaginaire) ont vécu plusieurs vies en vivant par procuration et par fantasme onirique, les personnages qu’ils ont interprétés, ainsi que leurs aventures.

Ce cinéma-là est mort sans doute, mais oui, nous reste l’odeur de l’aventure, et des grands espaces, l’odeur du rêve, de l’enfance, et pour cela, pour cela surtout, dans ce monde si âpre et difficile, grâce soit rendue à ces acteurs de légende.

Issur
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