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Masqués

Masqués, nous le sommes tous, ou devrions-nous l’être, dans la rue, les transports en commun, le bureau qui sait ? Ce fichu virus qui a d’abord fait de nous des confinés, des invisibles, nous transforme au temps du déconfinement en anonymes, en silencieux—comment parler librement avec ce truc ? — en victimes de malaise, nos sourires ne se voient plus.

Et, faut-il le remarquer, nous acceptons mal cet objet sur nos visages, nous qui sommes habitués à sortir le visage découvert dans l’espace public. Pire, ce masque n’exprime rien, à l’inverse de celui du carnaval qui agrémente le déguisement, qui l’enveloppe de mystère. Là, on cache pour se protéger, un peu, toutes proportions gardées, comme les masques au long bec des médecins du XVII ème qui les préservaient des infections, mais qui restent dans notre imaginaire comme la condamnation du malade tant les médecins d’alors savaient peu.

Certes, dans le positif du masque il y a Zorro et Spiderman qui vont vaincre et terrasser les méchants. Un peu comme notre masque qui va vaincre ce maudit virus ?  Sans doute, du moins il faut l’espérer, et momentanément, accommodons-nous de ne pas montrer nos sentiments et nos sourires qui pourtant nous servent tant dans nos rapports avec les autres.

En tous cas, le masque ne nous empêche pas de lire tranquillement notre horoscope ; et vous savez quoi ? Pour peu que la mode s’empare du sujet – et c’est déjà un peu le cas — il deviendra vite un de ces accessoires comme le foulard, le sac, les lunettes, indispensable à tous les genres de Fashionistas.

Amis lecteurs, l’après commence à être beau.

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