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Raymond

Toujours deuxième, c’était son sort, toujours derrière le vainqueur, même si souvent le vainqueur ce fut lui, chose que notre mémoire a occultée ne retenant que ses accessits et pas ses lauriers.

Pourquoi cet homme simple, ce monsieur tout le monde, cet humain courageux plein d’abnégation, ce fils de paysan, est-il devenu un mythe national au point de faire vibrer les foules à sa seule apparition, et faire en sorte que les plus grands de ce monde ont posé pour une photo avec lui ? Pourquoi ?

Sans doute parce qu’il représentait cette France des livres d’école, cette France des modestes, des fils d’ouvriers, des fils de paysans (ce qu’il était) de cette France que l’on a appelé ‘profonde’ mais qui sûrement avait plus de profondeur d’esprit que l’on a bien voulu faire croire.

Cet homme aura été un de ces perdants magnifiques, un de ces rois sans couronne, second certes, mais premier dans le cœur de ceux qui savent ce que souffrir veut dire pour s’élever. Second oui, mais songez par exemple au fait de dire combien c’est beau de trouver une seconde jeunesse et que tout peut être possible avec une deuxième chance.

Intelligent, il s’est amusé de cette étiquette un rien franchouillarde que l’on avait mise sur son dos, il en a joué avec finesse ; ironisant sur la rivalité qui l’a opposé à son rival « Maître Jacques » parce que, vous l’aviez déjà compris amis lecteurs, nous vous avons parlé de Raymond Poulidor champion du Tour de France qui nous a quitté ces derniers jours.

Il arrive parfois que notre enfance soit jetée aux orties.

Image : Photograph by Renato Cornelio Milanese (1926 Saint-Jean de Maurienne –2010 Ariège), uploaded by his grandson

Raymond
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