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Son temps

Perdre son temps. C’est le reproche que nous faisons, parents, à nos enfants qui, affalés sur le canapé du salon, ne font rien. C’est ce que nous nous disons quand nous avons plein de petits trucs à faire qui nous empêchent de faire quelque chose que nous croyons plus important. C’est ce temps que l’on dit perdu quand, arrivé à un certain âge, l’on s’aperçoit que l’on n’a pas fait tout ce que l’on croyait devoir faire, que l’on n’a pas étudié ce que l’on devait étudier pour être un « honnête homme » ; c’est le temps passé à batifoler, aller de fleur en fleur, alors que l’homme ou la femme de sa vie est à portée de son cœur, et qu’on l’a laissé passer. C’est ce temps parfois que nous passons à procrastiner en remettant au lendemain ce que nous pourrions faire aujourd’hui, ce que nous regrettons souvent.

Mais ce temps perdu se rattrape-t-il ? Et surtout est-il vraiment gaspillé ?

Et quand sait-on qu’on l’a perdu ? On ne peut le savoir qu’après coup, c’est une évidence. Et on peut penser finalement qu’il n’est jamais gaspillé, comme disait le célèbre écrivain Thomas Mann « ça n’était pas pour le temps employé à étudier dans les plus grandes universités qu’on l’honorait, mais pour celui qu’il y avait perdu, tant c’était celui-là qui lui avait tout appris »

Après tout, sans le farniente de Newton sous son arbre, que saurions nous de la gravitation ?

Et puis citons A. Vialatte « on croit que c’est l’intérêt qui mène le monde. Ce n’est pas vrai, ce sont les passions, et la passion c’est le rêve, et le rêve c’est le temps perdu ; c’est le temps perdu qui mène le monde »

Et surtout le temps passé à lire l’horoscope de Jacqueline n’est jamais du temps perdu, il ne manquerait plus que ça, non, mais…

Son temps
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